Combien de fois avons-nous entendons des affirmations du type “Les internautes ne scrollent pas”, “Rien ne sert de placer les éléments à cet endroit ! Ils sont trop bas ! Tes utilisateurs ne les verront jamais !” ou encore ” Ta page est trop longue… les internautes ne visualiseront jamais ce que tu as mis en bas de page, c’est sûr !”. Le scroll est marqué d’idées reçues (pauvre de lui !).
Et pourtant… Le scroll n’est pas aussi banni par les internautes que l’on pourrait le croire. En fait, tout dépend de l’environnement dans lequel vous évoluez et du contexte dans lequel se trouve les utilisateurs de votre site Internet. Tout dépend aussi du design de votre page.
Les utilisateurs scrolleront s’ils sont convaincus de trouver dans la partie inférieure du site l’information qu’ils cherchent. Pour cela, il faut que lorsqu’ils arrivent sur le site, ils trouvent directement une information pertinente, “accrocheuse”, qui introduise un article riche et qui sous-entende l’existence d’une suite. Cela passe d’une part par le rédactionnel et d’autre part par l’organisation visuelle de la page qui doit “suggérer” l’action de scroller.
D’abord, se demander si l’utilisation du scroll est justifiée…
Avant de vous demandez si vos utilisateurs savent scroller ou s’ils sauront qu’ils peuvent descendre dans la page que vous leur proposez, il faut d’abord vous demandez si les informations que vous proposez sont justifiées et si l’internaute s’attendra à les trouver à cet endroit.
Prenons l’exemple d’un site de contenu, un site informationnel. Dans ce cas, vous n’avez quasiment pas d’autres choix que de proposer le scroll à vos internautes… voir vous êtes dans l’obligation de le faire (en grossissant un peu le trait). Se contraindre à ne pas utiliser ce principe sur un site de contenu reviendrait à réduire le texte, à tronquer l’information… bref, en quelque sorte, à apprauvir les données proposées à vos utilisateurs. Ce ne pourrait donc que vous desservir. Vous trouverez en bas de cet article 3 exemples de Home page, l’un vous montrera le scroll poussé à l’extrême, voir à l’absurde, et 2 autres exemples assez complémentaires.
Autre exemple, si vous êtes sur une page de navigation, ayant pour rôle de redirigez l’internaute vers la page qu’il recherche, bref si l’utilisateur se trouve sur une ‘page de passage’, vous devez minimiser les interférences, vous concentrez sur l’essentiel et essayer de ne pas utiliser le scroll. Cela vous forcera à organiser vos points d’entrée, votre arborescence et de travailler sur des entrées claires, ordonnées et structurées, qui ne perdront pas l’internaute.
Quelques chiffres pour mieux comprendre la problématique du scroll
Des études menées par la société ClickTale nous apportent bons nombres d’information pertinentes. Pour information, ClickTale est une société qui propose des solutions pour tester votre site (en terme d’utilisabilité dans le but de l’optimiser). Les études qu’ils font dans le cadre de leurs missions ont permis de faire ressortir des conclusions très intéressantes sur le comportement de l’internaute, notamment face au scroll.
Nous vous proposons ici de vous communiquer les grandes conclusions de leurs recherches mais nous vous proposerons dans les jours à venir un article complémentaire dédié au dévoloppement de son contenu afin que vous disposiez des détails relatifs aux comportements utilisateurs.
1er constat : le défilement des pages est devenue une pratique courante & maitrisée par les utilisateurs. 2nd constat : le scroll se justifie encore plus avec l’arrivée et le développement du Web 2.0. Le Web 2.0 est dans son fondement porté sur le contenu, l’échange d’informations et d’éléments rédactionnels, audio, vidéo etc…
Des donnés globales mais concrètes
L’étude ClickTale sur laquelle nous allons nous baser a été menée sur 120 000 pages Web, sur les mois de novembre et décembre 2006. L’étude a permis d’enregistrer les données suivantes : la hauteur de la page web consultée, la hauteur de la fenêtre et enfin le plus bas niveau où l’utilisateur s’est rendu.
Il en ressort que :
- 91% des pages vues avaient un scroll
- 76% des pages qui contenaient un scroll ont effectivement été déroulées
- 22% des pages qui ont été déroulées, l’ont été jusqu’en bas
Cela nous montre que la plupart des sites Web sont conçus avec des pages contenant des barres de défilement (scroll) mais aussi que la plupart des utilisateurs maîtrisent le principe de navigation par scroll. Le chiffre de “22% d’internautes qui font défiler l’intégralité de la page web consultée” est finalement un chiffre élevé.
On peut penser que si les 78% restants ne sont pas allés jusqu’au bout de la page, c’est parce qu’ils ont trouvé l’information qu’ils cherchait avant la fin de la page. Notons que lors de la conception d’une page web, les informations les plus importantes sont placées en haut de page puis déroulées par ordre d’importance. On peut donc penser que les informations situées en bas de page n’intéressent pas tous les utilisateurs mais qu’une minorité (représenté par nos 22%).
Voilà pour les conclusions principales de l’étude qui nous révèlent que le scroll n’est vraiment pas un problème pour vos utilisateurs. La navigation par le scroll fait maintenant partie des conventions web. N’ayez donc pas peur de l’utiliser (tant que cela est justifié !).
Au delà de ces chiffres, il faut garder à l’esprit qu’un internaute ne scrollera que si on lui montre clairement qu’il y a une suite. A ce stade, il faut intégrer la notion de seuil de scroll.
Le seuil de scroll : une donnée incontournable
Certes vous pouvez proposer à vos internautes des pages scrollables, vous devez malgré cela garder à l’esprit la notion de seuil de scroll. Cette notion interviendra sur la conception fonctionnelle de vos pages mais aussi sur la partie graphique.
Le seuil de scroll est la limite d’affichage, la taille de la zone que l’internaute voit sur son écran, l’espace disponible en fonction de la résolution d’écran des utilisateurs. Cette notion est importante car c’est dans la zone d’écran disponible, en dessus du seuil de scroll que devra être suggéré l’existence d’une suite, la mise à disposition d’un texte complémentaire.
Les seuils de scroll par résolution d’écran :
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Résolution |
Largeur maximale |
Hauteur visible à l’écran |
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800 x 600 pixels |
780 pixels |
400 pixels |
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1024 x 768 pixels |
1000 pixels |
570 pixels |
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1280 x 1024 pixels |
1260 pixels |
820 pixels |
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a x b pixels |
(a - 20) pixels |
(b - 200) pixels |
Des règles ergonomiques incontournables
L’internaute scroll, c’est un fait mais il ne faut cependant pas abuser de sa docilité, de sa gentillesse, de sa serviabilité… Il faut garder à l’esprit que l’internaute scrollera pour des raisons précises : lire la suite d’un article, d’une actualité, d’un descriptif produit… mais il ne scrollera pas pour accéder aux fonctionnalités “vitales”, “incontournables” comme par exemple le bouton d’ajout au panier sur une fiche article.
En terme de règles ergonomiques garder à l’esprit que tous les éléments d’actions doivent se trouver au dessus du seuil de scroll.
Il reste encore des dizaines sujets à aborder concernant la thématique du scroll. Nous compléterons donc cet article dans les jours à venir… mais sujet oblige nous n’allons vous imposer une page de 10 000 pixels de haut… Cela serait mal venu. Bref, notez cependant que nous aborderons dans les jours à venir la gestion du graphisme ou encore les résultats détaillés de l’étude ClickTale.
Pour terminer cet article par quelques exemples de Home Page. Nous avons choisi de nous concentrer sur la thématique journalistique avec les sites 20 minutes.fr / metro.fr / leParisien.fr
A noter l’absurde Home Page de 20 minutes qui frole les 13 000 pixels de haut. Est-ce de la paresse de leur part ? un détachement totale vis à vis de la partie Web ? ou tout simplement de l’incompétence ?
Qui pourrait lire de haut en bas cette Home Page ou encore trouvé facilement l’information recherchée dans un temps raisonnable ? Je ne comprends vraiment pas leur choix. Je vous ai mis à côté 2 autres Home Page (celle de Metro et celle du Parisien). Metro est un Home Page plutôt light et leParisien une Home Page plutôt riche et complète (hauteur de la Home Page : 4 200 pixels) . Je vous laisse faire la comparaison avec 20 minutes.
Non mais sérieusement ? Est-ce que l’un de vous s’y retrouve sur la Home Page de 20minutes.fr ?

Je n’avais pas vraiment fait attention mais la HP de 20 min est assez extrême !